Enquêtes : Ils ont voulu servir leur patrie et se retrouvent intoxiqués de toutes parts

 
  1. TEMOIGNAGE de CHRISTIAN PRUD-HOMME

 

Enquête sur le syndrome de la guerre du Golfe

L'enquête sur le syndrome de la guerre du Golfe a conduit des gendarmes parisiens jusqu'à Riquewihr et au domicile d'un ancien soldat de l'opération Daguet en 1991.

Deux gendarmes de la section de recherches de Paris se sont rendus le 10 février à Riquewihr. Ils sont venus auditionner Christian Prud'homme à son domicile. Les enquêteurs agissent sur commission rogatoire du juge Marie-Odile Bertella-Geoffroy délivrée en juillet 2002. L'instruction ouverte à la suite de plusieurs plaintes de militaires ayant participé à l'opération Daguet dans le Golfe et confiée à une magistrate spécialisée dans les dossiers de santé vise les faits d'homicides involontaires, de blessures involontaires par violation délibérée d'une obligation de sécurité ou exposition à un risque d'une particulière gravité.

Troubles neuromusculaires

L'association Avigolfe qui soutient les vétérans de la guerre du Golfe a une nouvelle fois interpellé la ministre de la Défense. ' Quatorze ans après, le gouvernement n'a toujours pas reconnu la réalité chimique et radiologique des opérations et les conséquences sur la santé des participants ', déplore Hervé Desplat, président de l'association.

Christian Prud'homme est un ancien de la section approvisionnement de la 1ere compagnie du bataillon du matériel. Il a servi en Arabie saoudite et en Irak d'octobre 1990 à mars 1991 où il était notamment chargé du nettoyage, procédant par exemple à des destructions de stocks de munitions. A 37 ans, l'ancien brigadier est aujourd'hui atteint d'une cécité à l'oeil droit, de Sérieux troubles neuromusculaires, s'astreint quotidiennement à une quinzaine de prises de médicaments et se déplace souvent en fauteuil roulant.

Pas de pension

Les enquêteurs s'intéressent à plusieurs médicaments fournis par l'armée française à ses troupes durant l'opération Daguet. La juge d'instruction a demandé aux gendarmes de procéder ' à toutes les investigations utiles ' concernant l'utilisation de ces médicaments et vaccins.

Christian Prud'homme ne bénéficie d'aucune pension militaire d'invalidité. Sa dernière demande a été rejetée, l'invalidité n'étant selon l'institution militaire, ' pas imputable au service par défaut de preuve et de présomption

'. L'enquête menée par la magistrate parisienne et éventuellement, la reconnaissance par les autorités françaises du ' syndrome du Golfe ' pourraient évidemment changer les choses.

 

2) Enquête Britannique

original du rapport complet à :

http://www.lloyd-gwii.com/admin/ManagedFiles/4/LloydReport.pdf

 

Le 'syndrome de la guerre du Golfe' validé par une enquête britannique LONDRES, 17 nov (AFP) - Une enquête britannique a conclu mercredi à l'existence 'indiscutable' du 'syndrome de la guerre du Golfe', un ensemble de maladies frappant certains vétérans de l'opération 'Tempête du désert' en Irak en 1991 qui fait polémique aussi bien à Londres qu'à Washington ou Paris.

'Ils sont malades à cause de la guerre du Golfe, c'est indiscutable', a affirmé Lord Anthony Lloyd of Berwick, un ancien juge à la retraite chargé en juin de se pencher sur l'existance de ce 'syndrome' au nom de la Royal British Legion, une organisation semi-officielle représentant des anciens combattants.

Selon cette enquête indépendante, dont les conclusions ont été remises mercredi, 'toutes les études épidémiologiques se rejoignent sur le fait que les vétérans du Golfe sont deux fois plus susceptibles de souffrir de problèmes de santé que s'ils avaient été déployés en Bosnie ou s'ils étaient restés sur le sol britannique'.

Le gouvernement de Tony Blair s'est toujours opposé à toute enquête officielle sur ce dossier.

Se penchant sur la qualification à donner aux multiples symptômes --problèmes neurologiques, maux de tête, dépression, pertes de mémoire ou du sommeil, douleurs musculaires, fatigues chroniques, eczéma ou encore problèmes respiratoires-- dont souffrent quelque 6.000 des soldats britanniques déployés en Irak et au Koweït en 1991, l'enquête menée par Lord Lloyd of Berwick a en tout cas donné un début d'existence officielle au label de 'syndrome de la guerre du Golfe'.

'Il n'y a aucune raison médicale empêchant ces symptômes d'être décrits comme un syndrome', a plaidé ce rapport, rejetant le qualificatif de 'symptômes et signes de problèmes de santé mal définis' retenu jusque là par le ministère britannique de la Défense (MoD).

Soulignant que 600 vétérans de la première guerre du Golfe sont déjà morts et que 2.585 d'entre eux, la plupart malades en phase terminale, perçoivent une pension d'invalidité, ce rapport d'enquête n'a pas émis en revanche de conclusions sur l'origine de ces maladies inexpliquées.

Selon ce document, le syndrome de la guerre du Golfe serait en fait dû à une 'combinaison de facteurs':'''''' les injections multiples de vaccins contre l'anthrax et la peste, l'usage de pesticides sur les tentes où étaient hébergés les soldats, la faible exposition de certains combattants aux gaz innervants et l'inhalation de poussières d'uranium appauvri.'''''''

Ce rapport d'enquête a cependant totalement rejeté la thèse de maladies purement psychosomatiques, rejoignant ainsi un rapport officiel américain du 12 novembre selon qui l'exposition à des agents toxiques et non le stress est probablement à l'origine des maux dont souffrent quelque 100.000 des 700.000 soldats américains déployés dans le Golfe en 1991.

Du côté des vétérans britanniques du Golfe, beaucoup doutaient cependant encore mercredi de l'impact réel de ce nouveau document sur le discours officiel de Downing Street et du MoD.

'Une partie de moi espère que le MoD acceptera ces conclusions, a ainsi réagi Charles Plumridge, 64 ans. Mais l'autre partie a le sentiment qu'ils continueront à pratiquer la politique de l'autruche et qu'ils feront tout ce qui est possible pour décrédibiliser ce rapport en le qualifiant de 'foutaises'.

Si le rapport de Lord Lloyd of Berwick fait monter la pression sur le MoD, il pourrait aussi avoir des retombées en France, où ce syndrome en tant que tel n'a jamais été reconnu par les autorités.

L'Inserm, un institut public de recherche médicale, a ainsi conclu en juillet que rien ne 'démontrait l'existence d'un syndrome spécifique du Golfe' sur les 20.261 militaires français ayant participé à la guerre du Golfe d'août 1990 à juillet 1991.

Source : www.ifrance.com/avigolfe

Commentaires (3)

1. fanfan 30/04/2005

Triste France qui ne reconnait pas ses combattants, ils ne demandent pas la legion d'honneur.............mais simplement de quoi vivre, une pension.

2. 成 (site web) 31/08/2009

成

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